Les cicatrices

Figure ci-dessus : L'exemple ci-dessus montre une ascension de 3.5 cm de la cicatrice dans un allongement de 5.5 cm. La position de la vis (croix au stylo), qui était au niveau de la cicatrice lors de l'intervention, est plus basse maintenant que la cicatrice. La peau de la jambe a été donc tirée vers le haut, réalisant un véritable 'lifting' de la jambe.

Figure ci-dessus : L’exemple ci-dessus montre une ascension de 3.5 cm de la cicatrice dans un allongement de 5.5 cm. La position de la vis (croix au stylo), qui était au niveau de la cicatrice lors de l’intervention, est plus basse maintenant que la cicatrice. La peau de la jambe a été donc tirée vers le haut, réalisant un véritable ‘lifting’ de la jambe.

Taille et Position des cicatrices

L’opération se pratiquant en ‘percutané’, les incisions sont petites, un peu plus grosses que par arthroscopie. Elles sont en surjet intradermique, finie à la ‘Superglue’.
 
Pour le fémur (voir figure), il y a 3 incisions :
 
une en haut de la fesse (1.5 à 2 cm), qui sera cachée dans le slip, pour introduire le clou (cicatrice A)
une sur le côté de la cuisse, en haut du fémur (1.5 à 2 cm) pour mettre la vis du haut (cicatrice B)
une sur le côté, en bas de la cuisse, actuellement de 1.5 à 2 cm de long, pour introduire les 2 vis inférieures.
 
Pour le tibia (voir cicatrices tibiales dans le chapitre opération tibiale), elles sont plus nombreuses, mais réduites en taille.
 
Les incisions sont rectilignes et fines, et ne s’élargissent pas comme celles des fixateurs externes. Elles constitueront donc une ligne fine et blanchâtre au bout d’un ou de 2 ans.
 
Leur position postérieure et latérale les rend invisible de face, même si le sujet est nu. Suivant la constitution de la peau et les poils, même de profil, on doit parfois se rapprocher de très près pour voir les cicatrices.

Lower lateral scar 2 months postoperatively.

Lower lateral scar 2 months postoperatively.

 
Dans un allongement fémoral important, la peau de la jambe, en continuité avec la peau de la cuisse (enveloppe corporelle ‘d’une seule pièce’), est tirée par l’allongement vers la cuisse. Les incisions se décalent donc vers le haut, et lors de l’ablation des vis inférieures, on peut généralement repasser par la cicatrice initiale car la peau s’est détendue.
 
De la même manière un allongement de jambe tirera la peau du pied vers le haut et de la cuisse vers le bas.
 

Les allongements du fémur et du tibia de la même jambe

Un allongement simultané du fémur et du tibia entraînera un étirement très important de la peau et cela diminuera le jeu articulaire tout en causant des problèmes d’étirement nerveux des nerfs cutanés, entraînant des sensations de perception cutanée forte ou de brûlure.

Figures ci-dessus : Cicatrices juste après l'opération. Notez sur l'image de gauche la taille de la cicatrice d'introduction du clou sur la fesse, à droite de la règle.

Figures ci-dessus : Cicatrices juste après l’opération. Notez sur l’image de gauche la taille de la cicatrice d’introduction du clou sur la fesse, à droite de la règle.

C’est pour cette raison que des allongements bilatéraux des 2 fémurs et des 2 tibias, pour des gains importants seront mieux réalisés séquentiellement, avec une période de récupération de la mobilité intermédiaire entre les 2 opérations, plutôt que simultanément.

Traitement pour atténuer les cicatrices

Il n’est pas besoin en général car les cicatrices sont de type ‘chirurgie esthétique’. En cas de nécessité (cicatrisation hypertrophique chéloide, etc.), il faudra attendre l’ablaiton, voire un an après celle-ci pour traiter efficacement les cicatrices.

Le post-opératoire immédiat

Figure ci-dessus : Appareil d'électro-stimulation de type Compex®.

Figure ci-dessus : Appareil d’électro-stimulation de type Compex®.

Au reveil de l’opération

La rééducation est capitale pour assurer un bon résultat. Cela fait partie du savoir-faire unique de l’équipe du Dr Guichet.
 
En salle de réveil, le patient est mis sur machine électrique de mobilisation (Kinétec®).
 
Il récupère au premier jour post-opératoire la quasi-totalité de sa mobilité, soit 130-140° de flexion du genou (Page de référence de la mobilité du genou).
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Figure ci-dessus : Patient sur attelle de mobilisation électronique.

Figure ci-dessus : Patient sur attelle de mobilisation électronique.

Généralement le patient peut décoller le pied du lit et lever la jambe en l’air quelques heures après l’opération. Pour cela, la récupération musculaire est réalisée rapidement (levée de sidération musculaire).
 
Le drainage postural est capital pour éviter les thromboses veineuses et diminuer l’oedème. Il est instauré immédiatement.
 
Le soir de l’intervention la plupart des patients peuvent garder les jambes surélevées du plan du lit pendant 2 à 10 minutes.

Figures ci-dessus : Patient le soir de l'intervention. Il a pu garder 10 minutes chaque jambe surélevée du plan du lit, sans la poser entre temps. Notez le lit qui autorise le drainage postural. A droite, la flexion du genou obtenue par le patient le soir de l'intervention. Le patient est sous morphine et est bien calmé au niveau douloureux.

Figures ci-dessus : Patient le soir de l’intervention. Il a pu garder 10 minutes chaque jambe surélevée du plan du lit, sans la poser entre temps. Notez le lit qui autorise le drainage postural. A droite, la flexion du genou obtenue par le patient le soir de l’intervention. Le patient est sous morphine et est bien calmé au niveau douloureux.

Figure ci-dessus : Patient commençant à marcher après l'opération

Figure ci-dessus : Patient commençant à marcher après l’opération.

Gauche: Patiente réalisant 20 minutes de vélo... 2 heures après sa sortie de la salle opératoire (allongement esthétique bifémoral)! Droite: Patiente 2h30 après l'opération d'allongement et de dérotation d'un fémur !

Gauche: Patiente réalisant 20 minutes de vélo… 2 heures après sa sortie de la salle opératoire (allongement esthétique bifémoral)!
Droite: Patiente 2h30 après l’opération d’allongement et de dérotation d’un fémur !

La douleur

La douleur est une notion individuelle et n’est pas extrapolable d’un patient à l’autre. Elle peut être quasi-inexistante pour certains patients ou intolérable pour d’autres.
 

En général, elle est correctement supportée grâce aux médicaments modernes.

La douleur post-opératoire

Elle est généralement maîtrisée par les anesthésistes et les médicaments dès la période opératoire en combinant une péridurale à l’anesthésie générale et en limitant le saignement.

 

En post-opératoire immédiat, l’usage de patchs antidouleur locaux diminue considérablement la douleur. Dans les jours qui suivent, la douleur diminue, si bien que la plupart des patients utilisent très peu d’antalgiques.

Une grande maîtrise de la prise en charge globale du patient est nécessaire.

La douleur liée au cliquetage et à l’allongement

La douleur peut se produire en début d’allongement si le patient n’a pas une mobilité suffisante ou n’est pas prêt psychologiquement. Généralement, quand le patient est bien préparé, elle est faible voire inexistante, parallèle au stress du patient. La douleur n’est pas exclusive aux fixateurs internes car elle existe aussi dans le cas des fixateurs externes, conduisant parfois à un abandon du traitement. Fort heureusement, ces problèmes de douleurs sont faibles et rares.

La douleur musculaire d’adaptation est faible, mais persiste plus longtemps. Elle s’observe dans les allongements par fixateurs internes et externes. Elle est similaire à la douleur de croissance de certains adolescents et à la douleur d’entraînement musculaire. A titre d’exemple, pour la comprendre, on peut penser à la douleur de la remise en activité sportive intense après une période sans activité du tout. De même les douleurs des membres chez les adolescents en croissance s’observent pour des croissances annuelles limitées à 5 cm maximum sur les membres inférieurs obtenue en un an, alors que 10 cm peuvent être obtenus en 3 mois en cas d’allongement chirurgical : l’organisme a obligatoirement besoin de s’adapter à ce rythme non naturel de croissance. Ce type de douleur est surtout noté la nuit, quand le niveau de stimulation de la personne (activités, etc.) est faible.

 

Une douleur survenant 2 à 3 semaines après l’opération est liée à une ossification très intense, et représente un risque de fusion osseuse précoce. Le cliquetage devient très difficile, voire impossible à réaliser. Une anesthésie générale peut être requise pour réaliser quelques cliquetages pour ‘casser’ la réaction douloureuse et l’ossification. Cette anesthésie prend de 3 à 5 minutes et permet de gagner quelques millimètres. Si le problème est de révélation tardive, une nouvelle opération peut être nécessaire pour couper l’os formé. Dans la quasi-totalité des cas une seule anesthésie générale résout définitivement le problème. Elle pourra être évitée dans la quasi-totalité des cas si le chirurgien est très attentif à tout signe douloureux et agit en anticipant les signes d’ossification.

 

Vers la 5 à 6ème semaine, la douleur cède et les patients l’évaluent entre 0 et 1/10.

 

Les manoeuvres de cliquetage

 

Figures précédente : Manoeuvres de cliquetage en rotation interne puis externe de la jambe, réalisées par le patient, à gauche et au milieu pour la jambe droite, à droite, manoeuvre de rotation externe pour la jambe gauche.

Figures précédente : Manoeuvres de cliquetage en rotation interne puis externe de la jambe, réalisées par le patient, à gauche et au milieu pour la jambe droite, à droite, manoeuvre de rotation externe pour la jambe gauche.

Les manoeuvres d’allongement se font par le patient, la famille, le chirurgien ou le kiné, par des manoeuvres de rotations alternatives internes puis externes de la jambe. Si la récupération de la mobilité post-opératoire est complète, les manoeuvres sont indolores. Le patient trouve lui-même la position pour lui permettre de faire son cliquetage : généralement en semi-flexion de la cuisse et du genou, parfois en extension complète, ou même en forte flexion (exemple photos ci-dessous).
 
15 aller-retours constituent 1 mm de gain. Le patient réalise 5 cliquetages trois fois par jour pour gagner 1 mm. Il commence au 5ème jour post-opératoire. Le cliquetage doit être réalisé en relaxation musculaire complète. Une anesthésie générale de très courte durée (5 à 10 minutes) peut être parfois nécessaire quand le patient est particulièrement apeuré par les manoeuvres rotatoires. Cependant, si la mobilité du genou est normale et le patient relaxé, celui-ci n’éprouve pas de douleur. Une bonne prise en charge chirurgicale et rééducative supprime ce problème de cliquetage sous anesthésie générale.
 
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Mobilitée articulaire

TLe tableau ci-dessus montre la mobilité obtenue (lignes pleines, en degrés de flexion) en fonction des semaines post-opératoire, en cas de technique percutanée par clou Albizzia, comparativement à celle obtenue par fixateur externe (les 3 lignes en pointillé).

Le tableau ci-dessus montre la mobilité obtenue (lignes pleines, en degrés de flexion) en fonction des semaines post-opératoire, en cas de technique percutanée par clou Albizzia, comparativement à celle obtenue par fixateur externe (les 3 lignes en pointillé).

 

Avec un fixateur externe, un allongement fémoral réduit considérablement la mobilité du genou (à 50° de flexion, voire moins). Avec un clou d’allongement, la mobilité peut être très réduite, en cas de prise en charge rééducative insuffisante, ou en cas de problème particulier.

 

Dans l’Equipe du Dr Guichet, le maintien d’une mobilité du genou proche de 120° de flexion est de règle dès le début de l’allongement, si la mobilité préopératoire était normale. A titre d’information, la mobilité du genou par fixateur externe d’allongement fémoral diminue considérablement (jusqu’à une flexion limitée à 50°) et met en moyenne 17 mois après l’opération initiale pour récupérer 120°.

 

En dehors du genou, la hanche et la cheville peuvent être concernés par un allongement. Sauf exception, les articulations elles-mêmes ne sont pas altérées, et seuls les tendons autour deviennent trop petits pour la longueur du segment osseux, ce qui réduit l’amplitude articulaire.

 

La mobilité articulaire (qui concerne les muscles principalement bi-articulaires)joint-motion est diminuée transitoirement, et récupère progressivement avec l’adaptation des tendons et muscles. Les flexions en général ne posent pas de problème. Par contre l’extension de la hanche diminue transitoirement, ce qui entraîne une bascule du bassin vers l’avant.

 

La marche précoce force le bassin à se redresser. Le genou peut se mettre en légère flexion, mais là aussi, la récupération est de mise. Une forte musculature abdominale et lombaire diminue le risque de bascule du bassin.

 

Figures ci-dessus : Flexion et extension du genou à 50 mm de gain.

Figures ci-dessus : Flexion et extension du genou à 50 mm de gain.

 

Rehabilitation

 

Figure ci-dessus : Patiente réalisant le stretching de son droit antérieur. Elle met en tension la bande élastique, puis contracte ses muscles fessiers pour étendre la hanche, ce qui tend le muscle droit antérieur du quadriceps.

Figure ci-dessus : Patiente réalisant le stretching de son droit antérieur. Elle met en tension la bande élastique, puis contracte ses muscles fessiers pour étendre la hanche, ce qui tend le muscle droit antérieur du quadriceps.

La réactivité d’un muscle dans un allongement obéit à une physiologie qui ne correspond pas à celle traditionnellement enseignée dans beaucoup de centres de rééducation. En d’autres termes, cette rééducation est très spécifique, et doit obéir à des règles précises pour éviter des inflammations musculo-tendineuses génératrices de flexum, raideurs et complications.
 
Une rééducation surveillée par un entraîneur physique (l’équipe du Dr Guichet coache également des footballeurs et autres sportifs professionnels) est souvent plus efficace que celle par un kinésithérapeute qui a moins de temps disponible et qui applique des techniques traditionnelles de kinésithérapie. Un allongement obéit à des règles très spécifiques, et c’est ce qui fait la différence des résultats entre les allongements pratiqués dans la plupart des centres chirurgicaux et ceux obtenus dans l’équipe du Dr Guichet.
 
Le muscle en allongement réagit un peu comme un muscle d’adolescent : il lui faut du temps pour s’adapter à la croissance osseuse. Chez un adolescent, 3 cm de croissance fémorale correspond à 2 ans de croissance naturelle ! Ce gain est obtenu en 1 mois chez l’adulte en cas d’allongement chirurgical ce qui est 25 à 30 fois plus rapide ! Faire un pacte antinature avec le ‘diable’ nécessite

Figure ci-dessus : Attitude en flexum des hanches et genoux après un allongement de 65 mm (rare). Une rééducation intensive permettra de récupérer l'extension complète après relâchement de la tension des muscles et tendons.

Figure ci-dessus : Attitude en flexum des hanches et genoux après un allongement de 65 mm (rare). Une rééducation intensive permettra de récupérer l’extension complète après relâchement de la tension des muscles et tendons.

un effort considérable pour l’organisme. Cela veut dire que l’adaptation prendra plus d’un mois et pourra aller jusqu’à 1 an suivant l’état et l’âge du patient.
 
Des exercices en stretching actif sont nécessaires et doivent être contrôlés par le patient lui-même, plutôt que par le kinésithérapeute. Par contre l’enseignement au patient et les types d’exercices seront réalisés par le préparateur physique, et si besoin par le kinésithérapeute. Le stretching passif est prohibé.
 
La rééducation et les types d’exercices seront modulés en fonction de la phase biologique de cicatrisation.
 
La rééducation aura plusieurs axes :
 
• Récupération de la force musculaire et des amplitudes articulaires préopératoires.
• Maintient des amplitudes articulaires maximales autorisées pendant l’allongement.
• Travail de renforcement musculaire en force instantanée et en endurance.
• Stretching actif.
• Action anti-inflammatoire.
 
Une gestion optimisée de la rééducation pourra permettre de réaliser entre 4 et 7 heures d’entrainement par jour, ce qui autorisera une reprise rapide des activités normales après l’allongement (marche, sports, profession).
 

La marche

Allongement unilatéral

En cas d’allongement d’un seul côté, la marche aidée de cannes anglaises peut être reprise en post-opératoire immédiat. L’appui contact est autorisé d’emblée et l’appui complet avant la fin de l’allongement. Certaines activités sportives peuvent être reprises avant la fin de l’allongement.

Allongement bilatéral

En cas d’allongement bilatéral, les conditions d’autorisation de marche dépendent du patient, et des contraintes spécifiques que le patient peut présenter. La marche autorisée sans contraintes peut entraîner une usure prématurée des cliquets et rendre tout allongement ultérieur impossible. Le chirurgien doit donc posséder de fortes connaissances de biomécanique ostéo-articulaire pour savoir moduler entre les patients les modalités de marche autorisée.
 
Dans l’Equipe du Dr Guichet, la marche est reprise le premier jour post-opératoire avec un déambulateur puis avec les cannes anglaises après 8-10 jours. Tout retard de marche compromet la récupération fonctionnelle.
 
Pendant l’allongement, une heure de marche est conseillée (en suivant bien les consignes du Dr Guichet pour éviter une complication : usure des cliquets, rupture du clou ou de los).
 
Quand l’allongement est terminé, si l’ossification progresse bien, le patient peut reprendre la marche sans limitation. Dans le mois qui suit, il améliore encore sa capacité de marche, et certains patients peuvent marcher 8 à 10 heures par jour 2 à 3 mois après la fin de l’allongement pour des gains allant de 4 à 9 cm.
 

Figure ci-contre : Patiente marchant sans boiterie le dernier jour d'un allongement de 8.5 cm. Elle est rentrée dans son pays en laissant les cannes anglaises à Marseille...

Figure ci-contre : Patiente marchant sans boiterie le dernier jour d’un allongement de 8.5 cm. Elle est rentrée dans son pays en laissant les cannes anglaises à Marseille…

Cas spécifiques du schéma de marche

Dans un allongement, surtout dans les cas pour petite taille, la marche est initialement perturbée. Elle se normalise entièrement après cicatrisation (fusion) osseuse complète.
 
Cette fusion met actuellement environ 15-20 jours par cm d’allongement (contre 30 à 40 jours par cm dans les autres Centres chirurgicaux).
 
La marche reflète les modifications musculaires qui surviennent, notamment les difficultés d’adaptation des muscles bi-articulaires. Ainsi, les membres inférieurs à la marche seront tendus, même si les amplitudes articulaires individuelles sont respectées. La raideur des fascia lata entraînera une marche en légère rotation interne des pieds, jambes écartées. Il n’y aura pas de boîterie (dans la technique percutanée) mais les raideurs aponévrotiques du bassin entraîneront une démarche oscillante, entre les côtés droit et gauche.
 
Le bassin pivotera en avant par raideur relative des droits antérieurs. Ce signe est le plus long à régresser car les droits antérieurs sont long à s’adapter.
 
La position assise dans le lit aussi témoignera de l’allongement : le patient ne pourra basculer en position assise complète son bassin tout en tendant ses genoux, à cause de la raideur relative des ischio-jambiers.
 
Généralement, ces signes régresseront en quelques semaines après la fin de l’allongement, suffisamment pour que personne de l’entourage ne puisse noter que le patient a eu une intervention chirurgicale.
 
Quand l’os est entièrement fusionné, les muscles finissent par se détendre.

Les sports

Dans Les allongements bilatéraux, mais aussi unilatéraux, certains sports, hors contact et saut, peuvent être repris rapidement après l’opération. Le contrôle par l’équipe du Dr Guichet (Préparateur Sportif : Mr Serge Conesa ou Centres Isokinetic) permet d’optimiser la récupération avec le minimum de risques.

La natation

Par exemple, la natation est reprise rapidement et fait partie du protocole d’entraînement après une opération d’allongement bilatéral. Il ne s’agit pas là de barboter dans l’eau, mais de faire ‘des longueurs’. En général, une demi-heure ou une heure de natation est très épuisante pour le patient, mais très bénéfique. La proximité immédiate d’une piscine olympique est nécessaire et permet une remise en force intéressante.

Figure ci-dessus : Patient ayant bénéficié d'un allongement de 5 cm. Il a pu faire une heure de natation d'affilée dès la 3ème semaine.

Figure ci-dessus : Patient ayant bénéficié d’un allongement de 5 cm. Il a pu faire une heure de natation d’affilée dès la 3ème semaine.

Le vélo

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Le vélo statique est commencé en général le premier jour post-opératoire. Il s’effectuera initialement sans résistance, mais pourra durer une heure trente par jour.
 
Le renforcement musculaire commence dans les 2 à 3 semaines qui suivent l’opération, sans mouvements rotatoires.
 
Le travail musculaire est réalisé contre résistance, graduellement augmentée jusqu’à plus de 80% de la résistance maximale des muscles. Cela remplace avantageusement le défaut de marche initial.
 

Le stepper

Le stepper pourra être commencé en général avant la fin de l’allongement si la qualité osseuse et le sérieux du patient l’autorisent. Des consignes strictes sont données pour éviter de forcer trop sur le clou.
 
Cet entraînement permettra de récupérer rapidement une force musculaire instantanée et en endurance autorisant une marche prolongée après la fin de l’allongement.

Figure ci-dessus : Patients réalisant un entraînement au stepper post-opératoire.

Figure ci-dessus : Patients réalisant un entraînement au stepper post-opératoire.

Les sports d’impact (saut, etc.) et de contact seront évités pendant la phase d’allongement et la phase d’ossification qui suit. Cela risque en effet de mettre trop de contraintes sur le clou, et de le faire fléchir, voire le casser. Le chirurgien donnera la séquence stricte de reprise des sports en fonction du patient.

Figures ci-dessus : Une forte musculature des lombaire et abdominale prévient la bascule du bassin.

Figures ci-dessus : Une forte musculature des lombaire et abdominale prévient la bascule du bassin.

 

La vie quotidienne, récupération et ablation du clou

Pendant la phase d’allongement, les modifications physiologiques rendent difficile des activités normales. Les particularités et problèmes liés à l’allongement sur clou rendent nécessaire une acceptation totale aux recommandations du Dr Guichet pour que l’allongement se passe sans problème.

Allongement unilatéral

Dans les allongements unilatéraux, l’autonomie sera récupérée en une petite semaine.

Allongement bilatéral

Dans les allongements bilatéraux, l’autonomie sera plus difficile à récupérer, le traumatisme chirurgical étant plus important. Sauf particularités, le patient marchera le lendemain de l’opération.
 
Le patient est seulement hospitalisé 2 à 3 jours même dans les cas bilatéraux. Après cela, il doit rester à proximité du centre hospitalier où a été pratiquée l’opération pendant l’allongmeent (1 jour par mm de gain) pour éviter la survenue de problèmes et prévenir toute complication, noitamment le risque de fracture.
 
Pendant cette période, il est parfois nécessaire qu’il soit assisté par un proche, pour les courses, la confection des repas, etc., ces activités étant très difficile à réaliser d’une manière autonome par le patient seul.
 
Il pourra sortir de sa résidence pour aller au Centre d’Entaînement obligatoire, dès la première semaine. Au 7ème jour, il aura une visite de contrôle.
 
Le patient rentre chez lui à la fin de l’allongement.
 
Pour conduire, le patient devra attendre la fin de l’allongement. Il faut considérer que si la conduite est souvent possible, elle n’est pas forcément recommandée pour diverses raisons.
 
Une reprise des activités professionnelles pourra être réalisée en général pour des allongements allant de 4 à 9 cm entre 3 et 6 mois après l’opération. Les variations du moment de la reprise ne sont pas tant liées au gain qu’à la réaction propre de chaque patient. En effet, certains patients tolèrent bien des allongement de 8 à 9 cm et peuvent reprendre dès le 5ème mois leur activité professionnelle, d’autres tolèrent médiocrement un allongement de 6 cm.
 
Il faut bien considérer que l’appui précoce et l’absence de fixateur externe autorisent une récupération fonctionnelle extrêmement rapide par rapport aux autres techniques, même si les patients souhaiteraient avoir un gain et une reprise normale de toutes les activités le lendemain de l’intervention…
 
Les sports intensifs ou de compétition sont repris dès cicatrisation osseuse (entre 4 et 12 mois). La fatigue musculaire à la marche disparaîtra et le patient pourra courir. En général, dès 1 à 2 mois après la fin de l’allongement de 4 à 6 cm, il est difficile pour une personne qui ne le sait pas de noter une anomalie importante de la marche et demander ce que la personne a eu.

Figures ci-dessus : Différentes étapes de la manoeuvre effectuée pour se relever

Figures ci-dessus : Différentes étapes de la manoeuvre effectuée pour se relever

daily-life

Ablation du clou d’allongement

Le patient dès la fusion osseuse (vers 4 à 6 mois) peut reprendre avant l’ablation tous les sports, incluant les compétitions.
 
L’ablation se fait à 18 mois en ambulatoire. Les bilans complets finaux sont réalisés (densitométrie osseuse, testings musculaires, bilan psychologique, etc.) pour permettre de finaliser le résultat.
 
L’ablation est réalisée en ambulatoire et le patient peut rentrer chez lui rapidement. Il n’y a pas de raideurs après l’ablation et la récupération est rapide.
 
L’ablation laissant des trous dans l’os vide (vis, clou), un risque de fracture persiste tant que ces trous ne sont pas comblés par de l’os nouveau. En général, si la marche aidée de cannes anglaises est souhaitable pendant 2 à 3 semaines, les sports sont repris progressivement entre 3 à 6 mois quand l’os a parfaitement cicatrisé.

 

L’alimentation

Figure ci-dessus : Supplétions pouvant être utilisées dans les allongements (proteines, glucosamino-glucanes, etc.).

Figure ci-dessus : Supplétions pouvant être utilisées dans les allongements (proteines, glucosamino-glucanes, etc.).

Elle est spécialement adaptée à l’allongement. Un muscle en croissance – a fortiori si on allonge le muscle et qu’on le force à ‘grandir’ – a besoin de beaucoup de calories. Un allongement de 8 à 10 cm peut nécessiter plus de 50000 à 70000 Kcal supplémentaires qu’il faudrait idéalement donner pendant la phase d’allongement, soit près de 500 à 1000 Kcal/jour en plus ! L’entraînement musculaire lors des compétitions peut nécessiter jusqu’à 600 Kcal/heure d’activité athlétique complète. Dans un allongement les muscles sont mis à rude épreuve et leur augmentation de force et leur adaptation ne se fera que si l’on tient compte de leur demande biologique. Un total de 4000 Kcal voire plus par jour est nécessaire pour ne pas perdre du poids donc empêcher de cicatriser ses muscles.
 
De même, la demande en calcium et d’autres éléments est importante pour construire tant pour le muscle que pour l’os. Pour activer les mécanismes d’assimilation alimentaire et de croissance, il faut compléter le régime par une prise de vitamines, d’oligo-éléments et d’acides aminés, notamment essentiels.
 
L’Equipe du Dr Guichet sera là pour vous apporter les conseils nécessaires voire vous permettre d’avoir un suivi diététique. Par exemple, il ne faut pas supprimer le cholestérol pour des nerfs en croissance car il faut construire la membrane du nerf qui est constituée de 30% de cholestérol !
 
Les pertes de poids lors des allongements montrent que l’organisme se met souvent en balance métabolique négative. Il faut donc éviter cela par un régime adapté.
 
Les mécanismes de déprime sont fortement liés à une déficience en calories lors des allongements. En plus de l’apport calorique additionnel nécessaire, une relaxation musculaire et psychique peut être aidée par les décontracturants musculaires (benzodiazépines de type Myolastan, ou autres).
 
Des apports spécifiques en hormone de croissance ou autres éléments sont parfois justifiés pour hâter la cicatrisation osseuse et l’adaptation des tissus mous.