Généralités

Les risques ne sont pas négligeables car il s’agit d’une opération lourde et fonctionnelle et non un ‘resurfaçage’ du tissus sous-cutané comme dans la chirurgie esthétique traditionnelle. Suivant la raison de l’allongement, ils peuvent un peu différer, notamment dans les allongements unilatéraux, bilatéraux pour nanisme ou esthétique. Les implications ou risques psychologiques ne sont pas à sous-estimer.

Les Risques des allongements :

Une recherche approfondie du patient est souhaitable. Des explications complètes et un consentement informé permettront de savoir exactement les risques encourus, qui sont au plus faibles dans la pratique du Dr Guichet, car c’est lui qui a développé cette technique, créant de nouveaux standards de qualité. Les allongements par clous exposent moins aux complications que les fixateurs externes, mais il est cependant nécessaire de préciser les risques traditionnels principaux:
 
• Douleur, constante, mais plus faible que pour les fixateurs externes, pour ceux qui en ont eu avant
• Infectieux (rares avec les clous, notamment fémoraux)
• Raideurs articulaires
• Musculaires, rendant nécessaire une bonne préparation
• Ossification précoce ou absente
• Fracture osseuse ou du matériel
• Paralysie (non encore observée dans les statistiques fémorales du Dr Guichet)
• Vasculaires, cutanés, perte de poids, dépression psychologique, etc.
• Perturbation professionnelle pouvant être importante, bien moindre que par fixateur externe
 
Professional job impairment may be important, however much lower than with external fixator.
 
A ce jour, dans les allongements fémoraux dans la pratique du Dr Guichet, pas d’infection osseuse (ostéite, ostéomyélite), ni raideurs ou paralysie.
 

Unilatéral

Figures ci-contre : Patiente qui présentait un défaut de stabilité de sa hanche avant l'opération. Une intervention de stabilisation de la hanche préalable a supprimé le risque de luxation, et donc toute séquelle importante potentielle.

Figures ci-contre : Patiente qui présentait un défaut de stabilité de sa hanche avant l’opération. Une intervention de stabilisation de la hanche préalable a supprimé le risque de luxation, et donc toute séquelle importante potentielle.

En dehors du risque d’ossification précoce, les complications dépendent principalement de la pathologie initiale : par exemple, si une des articulations de l’os allongé est instable, il y aura un risque de luxation. Si le patient a présenté une infection importante de son os à allonger, le risque infectieux est supérieur à celui qui n’a pas eu d’accident infectieux préalable. Sans antécédent infectieux, un allongement fémoral sous le contrôle du Dr Guichet a moins de 1% de risque d’infection osseuse (contre 16% en moyenne dans d’autres équipes pour les fixateurs externes).
 
En général, une bonne évaluation initiale et un suivi rigoureux doivent permettre d’obtenir l’allongement sans complication véritable. Le chirurgien pourra donner lors de l’évaluation, le risque propre à chaque complication, et vous dire par exemple s’il est faible ou important et s’il l’a observé.
 
L’allongement s’est produit sans problème particulier et la reprise des activités normales a été rapide.
 
Les complications surviennent en général dans la phase d’allongement (difficultés de cliquetage, etc.), parfois après (ossification lente, etc.).
 

Bilatéral – nanisme

Figures ci-dessus : Ossification à 2 mois d'un patient achondroplase dont l'ossification considérable à conduit à une mobilisation sous anesthésie générale, puis à une réostéotomie percutanée pour ossification précoce.

Figures ci-dessus : Ossification à 2 mois d’un patient achondroplase dont l’ossification considérable à conduit à une mobilisation sous anesthésie générale, puis à une réostéotomie percutanée pour ossification précoce.

Dans le cadre du nanisme, les gains sont souvent considérables (15 à 18 cm par segment osseux par clou Albizzia). Les risques traditionnels des fixateurs externes sont considérablement réduits, sans cependant être supprimés entièrement.
 
Les muscles bi-articulaires présentent des raideurs, modifiant le jeu articulaire. Une récupération est de mise en quelques semaines à quelques mois après la fin de l’allongement.
 
Un flexum peut être noté, surtout en cas d’allongement très important (40 à 60% de la longueur osseuse initiale) ou en cas de stretching passif non contrôlé par le patient. Il régresse lentement à la fin de l’allongement. Il est accru par le flexum naturel (osseux) des patients achondroplases.
 
Le problème de l’ossification intense est fréquent car l’ossification obéit à des règles et une cinétique particulière. En effet, elle augmente pendant les 2 à 3 semaines post-opératoire pour devenir maximale à 3-4 semaines post-opératoire. C’est à ce moment qu’une ossification précoce peut se manifester et doit être anticipée, ce qui évite une intervention ou une anesthésie générale supplémentaire. Si le suivi est rigoureux, cette phase doit se passer sans incident sur le patient (sans nouvelle intervention opératoire). Dans les allongements pour petite taille constitutionnelle, ce risque disparaît après 4 à 5 semaines. Dans l’achondroplasie (nanisme), cette phase peut durer cependant 6 à 8 semaines.
 
Skin is stretched at the end of lengthening (see the actual position of the screws (ink crosses) which has migrated from its original position in line with the skin incision. At removal, the screws are again in front of the scar, after skin relaxation.
Une mauvaise réaction nerveuse peut être notée, surtout si pour lutter contre une ossification précoce, le rythme d’allongement est soutenu pendant une durée prolongée (exemple : 1.5 mm/j x 2 à 3 semaines). Dans ces cas, on peut noter d’abord une augmentation de la sensibilité (sensation trop forte du drap sur le dos du pied et de la cheville). Une diminution de la sensibilité est plus tardive. Les signes moteurs apparaissent un peu plus tardivement que les signes sensitifs. Ils peuvent retarder une récupération motrice.
 
Les réactions nerveuses sont notées dans un nombre faible de cas. Ils sont en règle modérés et n’entraînent pas de paralysie définitive.
 
La peau est également fortement tirée. Des sensations de brûlures transitoires sont parfois notées. En cas d’allongement préalable par fixateur externe, des tractions sur les cicatrices adhérentes précédentes peut entraîner des sensations désagréables. Une reprise à visée esthétique des cicatrices supprimera ce problème en fin d’allongement.
 
Il n’y a en règle pas d’infection, ni de raideur, ni de paralysie nerveuse définitives, ce qui n’est pas le cas des allongements sur fixateurs externes.
 
Il y a souvent des douleurs des genoux. Il faut beaucoup bouger pour ‘drainer’ le liquide articulaire du genou. Les douleurs cèdent progressivement en fin d’allongement.
 
L’ostéoporose notée par fixateur externe, qui peut être notée également par allongement par technique interne (clous), ne s’observe pas dans le cas d’allongement percutané par clou Albizzia, si les protocoles de rééducation et de marche exposés ci-dessus sont respectés.
 

Bilatéral à visée esthétique

Figures ci-dessus : Complications chez une patiente qui a bénéficié d'un allongement bifémoral pratiqué dans une équipe ne préparant pas les patients et ne pratiquant pas d'insertion des clous en technique percutanée (petites incisions) : cette patiente a présenté un défaut d'ossification sur une zone d'ouverture cutanée pour pratiquer la section osseuse au niveau de la zone d'allongement (radiographie de gauche), une ossification importante sur la cicatrice de la hanche ayant crée un syndrome hyper-douloureux ayant nécessité 1 an de morphine (photographie de droite). Cette patiente a par ailleurs présenté une paralysie du pied et des douleurs importantes aux cliquetages ayant nécessité 42 sédations par anesthésies générales. Elle n'a pas eu de mobilisation intensive post-opératoire.

Figures ci-dessus : Complications chez une patiente qui a bénéficié d’un allongement bifémoral pratiqué dans une équipe ne préparant pas les patients et ne pratiquant pas d’insertion des clous en technique percutanée (petites incisions) : cette patiente a présenté un défaut d’ossification sur une zone d’ouverture cutanée pour pratiquer la section osseuse au niveau de la zone d’allongement (radiographie de gauche), une ossification importante sur la cicatrice de la hanche ayant crée un syndrome hyper-douloureux ayant nécessité 1 an de morphine (photographie de droite). Cette patiente a par ailleurs présenté une paralysie du pied et des douleurs importantes aux cliquetages ayant nécessité 42 sédations par anesthésies générales. Elle n’a pas eu de mobilisation intensive post-opératoire.

Les vraies complications sont très rares, si on respecte des gains que le patient peut tolérer en fonction de sa biologie (souplesse des muscles et tendons, jeux articulaires, réaction à l’entraînement préopératoire). Les complications notées dans les allongements unilatéraux peuvent se produire avec une occurrence différente.
 
Des évènements obligatoires (diminution des jeux bi-articulaires, raideurs des ischio-jambiers, des droits antérieurs, etc.) sont notés, mais régressent, sans conséquence sur le patient.
 
L’ossification intense s’observe aussi et est bien maîtrisée par le chirurgien (adaptation du rythme d’allongement dans les premières semaines) qui ‘gomme’ ainsi tout problème pouvant conduire à une reprise au bloc opératoire dans la quasi-totalité des cas.
 
Certains risques sont rares (défaut d’ossification, problèmes liés aux étirements nerveux : ces complications guérissent sans séquelle), alors que d’autres sont pratiquement inexistantes (ostéoporose, raideurs définitives, boiterie, etc, bien qu’observées dans les allongements par fixateurs externes).
 
En somme, un allongement bien programmé doit conduire à un succès fonctionnel avec un patient reprenant rapidement ses activités normales, sportives et professionnelles. Il doit se retrouver longtemps après l’allongement sans aucune diminution des capacités, voire avec une augmentation de celles-ci (marche plus rapide, etc.).
 
Les risques dépendent évidemment des équipes chirurgicales, de la prise en charge du patient et de l’observance des consignes de préparation préopératoires et de post-opératoires pendant le période d’allongement. En cas de faille dans un des éléments ci-dessus, des complications majeures peuvent se produire, par exemple une paralysie ou de non ossification en cas de gain trop important voulu par le patient ou obtenu trop rapidement, rideur persistante en cas d’absence de préparation correcte à l’intervention ou de non activité sportive en post-opératoire, etc.
 
Le savoir-faire du Dr Guichet évite de telles complications.
 

Les risques psychologiques

Tout allongement est très difficile à vivre, déstabilisant, comme parfois pendant la croissance.

 

Les modifications corporelles d’un allongement sont similaires à celle produites dans la croissance vers l’âge de 5 ans. Les changements corporels sont très mal vécus et il y a donc une régression psychologique à l’âge de 5 ans. Le patient devient intolérant, difficile avec son environnement car désemparé et en souffrance. Des anxiolytiques peuvent être nécessaires, voire un soutien psychologique. L’évaluation préopératoire permet de prévenir au mieux un problème post-opératoire.

Il peut y avoir des échecs psychologiques de l’allongement, si le patient se rend compte un peu tardivement que le problème n’était pas l’allongement (sous-évaluation des implications, douleurs, etc.) ou qu’il ne fait pas le travail psychologique nécessaire donc ne mûrit pas.

 

Par contre, un allongement peut-être vécu comme une épreuve très forte dans la vie qui permet de mieux se déterminer dans la vie et d’augmenter sa confiance en soi et son estime de soi. La plupart des patients se sentent beaucoup plus forts après l’allongement.